Présentation du programme

Le projet "Création musicale, circulation et marché d’identités en contexte global" est porté par une équipe de 17 membres (11 chercheurs et enseignants-chercheurs, 1 post-doctorant et 5 doctorants), rassemblés au sein de l’équipe Musique du Centre de Recherches sur les Arts et le Langage (CRAL, UMR 8566 CNRS-EHESS).

L’objectif de ce projet est d’étudier la notion de création musicale dans un contexte de globalisation, à partir de situations observées localement, en s’attachant tout particulièrement aux phénomènes relevant de ce que Alain Tarrius appelle « la mondialisation discrète ». Dans cette perspective, on se demandera comment les musiciens sont « branchés » au monde et quels moyens technologiques et symboliques ils mobilisent ; quels sont leurs discours, leurs récits, leurs fictions ; et qu’est-ce qu’ils produisent, à la fois en termes de musique, mais aussi de contenus sociaux, économiques et politiques.

Ce projet s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire qui considère la musique à la fois comme objet et savoir-faire spécifique, comme production esthétique, et comme manifestation du social. Partant, il s’agit de poser et de discuter un certain nombre d’hypothèses d’ordre théorique et méthodologique pour la constitution d’un champ d’études sur les pratiques musicales susceptible d’aller au-delà des clivages entre ethnomusicologie, musicologie et sociologie des « musiques populaires ». En réunissant musicologues, ethnomusicologues, sociologues, anthropologues et historiens, ce projet a pour ambition de poser un regard nouveau sur des musiques qui, dans le monde globalisé, influent sur les politiques culturelles autant que la construction des identités.

Le projet sera mis en œuvre à partir d’enquêtes menées dans trois régions du monde : Afrique de l’Ouest, Afrique du Sud-Océan Indien et Amérique latine, tandis que les recherches s’organiseront en quatre axes thématiques partagés par l’ensemble des membres de l’équipe :

L’axe 1 « Les figures du compositeur » portera sur les parcours de vie, les trajectoires de ces individus singuliers que sont les “compositeurs”, un statut dont le sens défini en Occident sera bien sûr à discuter. On se demandera quel est leur rôle social et leur éventuel impact politique avant de les envisager en termes de figures, voire de figures charismatiques, ce qui impliquera une interrogation sur la nature de leur public et des liens qu’ils entretiennent avec lui.

L’axe 2 « Statuts et processus de la création musicale » concernera la représentation du travail des compositeurs et le statut de ce qu’ils produisent. On envisagera également la question de la fabrication des pièces musicales, à partir de l’analyse des choix stylistiques des compositeurs qui peuvent être tantôt singuliers, tantôt consensuels. En définitive, il s’agira d’appréhender l’ensemble de ce processus où le compositeur, le public et la musique participent d’une production musicale et de voir en quoi celle-ci relève plutôt de l’innovation ou plutôt de la reproduction.

L’axe 3 « Les sources et les ressources de la création musicale » posera la question des imaginaires. On analysera comment les compositeurs traduisent puis s’approprient sons, images et récits qui viennent de l’extérieur, à la fois dans un renouvellement de la musique et dans l’élaboration de nouvelles identités.

L’axe 4 « L’économie de la création musicale » s’intéressera à la mise en public de ces nouvelles musiques et à leur participation à une économie mondiale des biens culturels. Il s’agira de se demander ce que génère cette économie, des biens de consommation conçus pour être rapidement remplacés à des savoirs (situés) susceptibles d’être pérennisés.


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