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Cette étude vise à rendre compte du processus par lequel les acteurs indépendants de la musique champeta (Colombie) assurent la viabilité de leur production dans un contexte de transformation des techniques de communication. La pierre angulaire de cette étude est une nouvelle forme de production dans le phénomène de la champeta : les videoconciertos. A mi-chemin entre vidéoclip narratif et captation audiovisuelle des concerts, les videoconciertos permettent de promouvoir et de rendre techniquement reproductible le picó, événement performatif et spectaculaire de la champeta, organisé de façon similaire aux sound systems jamaïcains. Ce faisant, les videoconciertos rendent compte d’un processus vernaculaire d’appropriation de nouvelles technologies, en particulier celles liées à la vidéo numérique. Cette forme de création vidéographique serait probablement passée inaperçue en dehors des « niches » locales de son public, auxquelles les productions indépendantes de champeta sont principalement destinées (Abril y Soto, 2004). Mais les videoconciertos surgissent au moment où les technologies hypermédia facilitent la circulation massive d’images animées via l’Internet. Résultat : au moment où la grande production discographique voit en chute libre les ventes de disques de champeta (Cunin, 2007 ; Abril y Soto, 2004), les niveaux d’audience des productions indépendantes sur Internet augmentent de façon exponentielle. Désormais, aux « niches » locales s’ajoutent les communautés web ; aux modestes postes de vente de disques du marché de Bazurto, à Cartagena, s’ajoutent les serveurs démesurés d’un Youtube, ou un MySpace. « Local » ou « global »… quels jeux d’échelles pour la musique en contexte cybernétique ?

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